LE RÔLE DE L’ARGENT DANS LA RELATION D’AIDE ET LE COACHING

coach professionnel

Tous les professionnels de la relation d’aide (thérapeute, travailleurs sociaux, aidant non thérapeutes comme les coachs) vous le diront : la relation que chacun entretient avec l’argent intervient systématiquement dans la relation d’aide, que ce soit de manière consciente ou inconsciente.

Nous allons donc nous intéresser à comment ce lien se construit en chacun et quelles incidences cela entraîne dans nos comportements.

1 – Formation du lien

La relation que nous entretenons avec l’argent se crée en grande partie dans la petite enfance au sein de la famille, mais aussi sous l’influence de la société.

On ne reçoit aucune éducation formelle à l’argent ; le sujet n’est pas traité dans nos écoles et il est même souvent tabou.

Chacun se forme donc seul, par impressions successives face à des situations de vie personnelle dans un premier temps.

Ce sera par exemple l’enfant qui observe ses parents commerçants se disputer à propos de la gestion de leur commerce et qui plus tard, pourra se forger la croyance que tout ce qui a trait à l’argent est source de conflit.

Philippe Geffroy, coach psychothérapeute s’est beaucoup intéressé à l’argent dans  ses travaux, et notamment aux croyances associées à l’argent ; il en a identifié quatre grandes catégories.

Selon lui, les plus fréquentes sont :

  • La fidélité excessive à une appartenance familiale et/ou une classe sociale. Ce sera alors un individu qui refuse de s’enrichir pour ne pas trahir sa famille.
  • La faible estime de soi. Ce sera la personne qui pense ne pas mériter d’être bien rémunérée, ou de dépenser pour elle.
  • La question de l’identité : ce sera l’individu qui perd tous ses repères identitaires lors d’un massif et brutal gain d’argent (le gagnant du loto par exemple).
  • La confusion entre sécurité et aisance matérielle : c’est croire que l’argent protège de tout dans toutes les circonstances.

Ces croyances sont associées à des émotions et l’ensemble agira ensuite comme des filtres qui déformeront éventuellement notre perception de la réalité, et engendreront ainsi un certain nombre de comportements.

2 – Comportements liés à l’argent

Plus que nos dires, c’est la manière dont nous utilisons l’argent qui nous renseigne.

Ainsi, Philippe Geffroy a identifié quatre grands types de personnalité déterminant certains comportements :

  • L’anorexie financière : c’est l’incapacité à gagner de l’argent. Ce sera, par exemple, une personne qui se met à son compte et qui n’arrive pas à faire payer ses clients.
  • L’avarice : c’est l’incapacité à faire circuler l’argent. Ce sera un individu obsédé par la thésaurisation, l’accumulation d’argent sans rien dépenser.
  • La dépense compulsive : c’est l’incapacité à conserver l’argent.
  • L’accroc à la réussite financière : dans ce cas, l’argent devient le seul but en soi.

Notre relation à l’argent est révélatrice de nos stratégies professionnelles, mais aussi personnelles. Elle détermine nos choix car son influence se situe à différents niveaux de notre identité.

  • Elle touche à nos croyances : « tout ce qui est cher est de très bonne qualité »
  • Elle touche à nos valeurs : « l’argent est nécessaire à ma sécurité».
  • Elle touche à notre propre estime : « je ne mérite pas… »
  • Elle touche à notre image sociale : « il détient des stocks options, il est donc une personne importante de l’entreprise ».
  • Elle touche à nos peurs : il est intéressant de voir à quel point un licenciement, par exemple, fait monter les angoisses. Peur de manquer ?

Notre rapport à l’argent s’inscrit donc dans les rapports sociaux et apparaît comme une clé de compréhension du fonctionnement inhérent à chacun.

Compte tenu de cette influence, il m’apparait  comme évident que le rapport à l’argent dans la relation d’aide tient une place fondamentale et détermine en effet une partie de l’efficacité de la prise en charge, car le tarif d’une consultation a des incidences sur l’accompagnement.

Ainsi, pour certain, plus la séance de coaching sera cher, meilleure sera la prise en charge! Le choix du coach se fera donc, non pas en fonction de ses compétences, mais en fonction de la valeur financière estimée du professionnalisme.

A l’inverse, un coût très bas (pour rendre accessible le coaching en solidaire par exemple), pourra entraîner un sentiment d’être redevable de quelque chose. Cela maintient un lien toxique avec l’intervenant, empêchant la complète autonomisation du coaché.

Chez d’autres, cela peut renforcer leur mésestime d’eux même : « c’est du coaching low-cost, de toute façon je ne mérite pas mieux ! »

Pour d’autres encore, le fait de ne pas investir financièrement dans leur prise en charge influence leur investissement personnel dans le processus, diminuant par voie de conséquence son efficacité.

La solution ? Il appartient à chaque professionnel de déterminer, en fonction de son propre rapport à l’argent  une somme qu’il estime juste. Cela n’empêchera pas le coaché de projeter ses représentations mais un coach suffisamment éclairé sera à même de les prendre en compte dans le processus de coaching et d’aider le coach à les dépasser si cela freine le travail.

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