RÉALITÉ, COACHING ET LANGAGE

coach professionnel

L’efficacité du coaching est déterminée par de nombreux facteurs, mais aujourd’hui, je vais m’intéresser plus particulièrement à la place du langage et à l’impact du niveau d’éducation de la personne coachée dans le processus de coaching, car oui, sans jugement de valeur, aucun,  le niveau d’éducation des personnes coachées a une incidence sur l’efficacité du processus. J’entends par là que la culture et l’éducation amènent une richesse de vocabulaire certaine. Plus nous avons de vocabulaire, mieux nous pouvons exprimer nos besoins et nos envies clairement.

Selon Wittgenstein, l’usage que nous faisons du langage peut nous conduire directement à des non-sens et la manière dont nous formulons nos problèmes à un lien direct avec leur résolution. Il mettait l’accent sur la facilité avec laquelle nous pouvons construire nos propres problèmes et nous y enfermer par la seule façon dont nous en parlons.

Wittgenstein mettait également en évidence la tendance qu’a le langage à construire des concepts sans lien précis avec la réalité. On peut alors dire qu’il existe un écart réel entre les mots que nous utilisons et la réalité que nous voulons décrire.

Le langage a la fâcheuse habitude de simplifier la réalité, parfois jusqu’à la rendre caricaturale.

Mais il ne faut pas oublier non plus que nous ne donnons pas tous le même sens aux mots et nous avons la fâcheuse tendance à construire du sens à partir de ce que nous entendons, en fonction de notre expérience, de notre personnalité, de nos propres filtres.

Plusieurs mécanismes dévoilent la puissance de ce langage imprégné du sens que chacun y met : le premier mécanisme concerne les Drivers, sortes de scénarios de vie fonctionnant comme une petite voix intérieure et guidant nos comportements ; en deuxième lieu viennent les croyances, sortes d’interprétations que nous donnons à nos expériences de vies pouvant être aidantes ou limitantes; et enfin, les valeurs, sortes de normes de références.

L’un des pièges serait de croire que notre langage entraîne la même résonance que ce qu’il provoque en nous ; ou bien de faire croire que nous comprenons rapidement le discours de l’autre.

Mohamed Nasraddine Belafi met l’accent sur l’importance de développer notre vocabulaire afin de développer notre conscience. Il pense que notre vocabulaire est notre porte d’entrée de la compréhension, et pour lui, bien nommer les choses permet de les comprendre et de les faire comprendre.

Changer de mots, c’est changer d’univers et cela peut parfois suffire à tracer un chemin nouveau.

Trouver le mot juste c’est trouver un agent puissant. L’effet produit est autant physique que spirituel et cela peut influer rapidement sur nos émotions, notamment en remplaçant un mot par un autre : si je dis « je suis préoccupée » au lieu de « je suis stressée », je serai effectivement moins stressée et cela induit également une sorte de renforcement positif.

En résumé, le langage est un faux ami, parfois un ennemi, qui modifie la réalité ; nous enferme dans nos problèmes. Nous ne sommes pas égaux face au langage et cela influence lourdement notre vision des choses, mais aussi notre compréhension.

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