OU “QUAND JE DOUTE D’ETRE QUI JE SUIS…”

coach professionnel

Le syndrome de l’imposteur est un mécanisme psychologique, déclenché dans des situations de réussite et susceptible d’émerger chez tout un chacun, par lequel une personne se trouve incapable de s’attribuer l’origine de sa réussite et présente une peur intense que son mensonge soit révélé au grand jour et qu’on le juge alors comme un réel imposteur.

Ces points de définition nous amènent à isoler plusieurs versants de ce phénomène.

Le SI se manifeste chez des personnes :

o  Dont la personnalité exprime particulièrement des tendances psychologiques : une forte autocritique et une tendance à l’auto-dépréciation ; un sentiment d’inauthenticité ; la peur d’échouer et la peur de réussir ; un fort besoin d’être reconnu ; une tendance à porter une attention particulière à elles-mêmes ; des standards de réussite élevés ; une anxiété état et/ou une anxiété trait ;

o  Qui s’engagent dans des tâches à réaliser ;

o  Qui réussissent objectivement à réaliser ces tâches ;

o  Qui ne parviennent pas à s’attribuer l’origine de leur succès, qu’il y ait ou non reconnaissance et valorisation extérieure ;

o  Qui alimentent alors un sentiment d’avoir trompé leur entourage ;

o  Qui, de ce fait, entretiennent une peur que cette tromperie soit découverte et qu’on les juge en conséquence ;

o  Qui, alors, appréhendent anxieusement les nouvelles tâches qui pourraient leur être proposées ou qu’elles choisiraient de réaliser, développant ainsi des stratégies adaptatives pour palier cette anxiété ;

o  Qui continueront de s’engager dans la réalisation de tâches avec ce bagage anxieux ou cesseront de s’engager dans la réalisation de tâches.

Un  cycle du syndrome de l’imposteur commence alors, comme un cercle vicieux qui au final, peut amener à ce que l’échec tant redouté advienne. En effet, alors qu’initialement l’engagement dans des tâches et leur réalisation ne sont pas altérées, la répétition de ce mécanisme peut progressivement créer des dommages psychologiques – en lien notamment avec l’estime de soi – qui, eux, peuvent au bout du compte faire réellement échouer la réalisation. Egalement, l’appréhension anxieuse des futures nouvelles tâches, chargée de l’expérience du sentiment d’avoir trompé son entourage sur la légitimité de l’attribution de la réussite de la tâche, amène à la mise en place de stratégies d’adaptation de type « overdoing » (exemple de l’activisme) et « underdoing » (exemple de l’évitement), qui, elles aussi, peuvent provoquer des situations réelles d’échec.

Ainsi, la situation d’échec que redoute terriblement la personne prise dans un SI peut finalement advenir, non pas par manque de capacités, mais par auto convictions répétées qu’elle ne peut être à l’origine de réussite.

Le syndrome de l’imposteur a probablement toujours existé, mais nous posons l’hypothèse que notre époque est favorable au développement de cette problématique de par l’évolution des normes sociales et des représentations, des formes familiales et des fonctionnements des groupes, des repères identitaires et des ambitions individuelles.     (à suivre)

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