ET SI L’ON ÉCOUTAIT CE QUE NOTRE ALLIE A A NOUS DIRE ?

coach professionnel

Selon Richard Lazarus et Hans, le stress est une réaction d’adaptation permanente de l’organisme pour maintenir l’équilibre de notre état intérieur (principe de l’homéostasie).
Le stress, d’un point de vue biologique, est donc la réponse de l’organisme à toute demande qui lui est faite : on parle alors de syndrome général d’adaptation qui comprend 3 stades :

  • Réaction d’alarme : c’est le moment de la rencontre avec le stresseur qui entraine sécrétion d’adrénaline afin de favoriser l’émergence rapide d’une réponse (la fuite par exemple). C’est une réaction d’urgence.
  • La résistance : le corps mobilise de nouveaux systèmes (hypophyse, hypothalamus…) pour prendre le relais ; c’est la phase de stimulation des défenses.
  • L’épuisement : c’est la phase de dépassement où tous les systèmes mobilisés n’ont pas suffi pour rétablir l’équilibre. C’est l’abandon des réponses internes et le début des désordres somatiques.

Mais dans cette définition ne figure que la dimension physiologique, aucune émotion ni pensée.

L’individu s’adapte à son environnement et le stress émane d’un déséquilibre dans la relation qui lie cet individu à son environnement. Et c’est tout !

Folkman, quant à lui, introduit  la notion de processus mental sous l’influence des facteurs de stress.

Cela signifie que l’individu interprète la situation. Pour lui,  le stress est un processus à double sens qui comporte l’existence de facteurs de stress dans l’environnement et la réaction d’un individu soumis à ces facteurs de stress. Cette conception a mené à la théorie de l’évaluation cognitive.

Dans cette théorie, le stresseur n’existe pas comme un élément abstrait mais il naît d’une transaction entre le sujet et la situation, ce qui ouvre des portes dans des applications au travail, à la santé…

Ce processus est influencé par les caractéristiques personnelles (les croyances, les émotions par exemple) et par les caractéristiques environnementales (ressources économiques et sociales, caractéristiques du danger).

La gestion du stress nous parle donc d’intelligence adaptative. On peut alors dire qu’avoir une bonne utilisation du mécanisme du stress consiste à avoir une réaction psycho-émotionnelle et physiologique nécessaire à l’action avec une alternance suffisante et équilibrée de phases de récupération et de phases d’action, de phase d’alarme et de phase de mobilisation.

Partant de cela, on peut admettre qu’il y ait deux catégories de stress : le stress positif et le stress négatif.

Un stress positif, c’est celui qui nous sauve d’une situation d’urgence vitale.C’est celui que l’on mobilise pour sortir de la procrastination, attendre le dernier moment et faire dans l’urgence pour profiter de la sécrétion d’adrénaline.

Un stress négatif, pour la plupart, c’est celui qui au contraire fige, inhibe…nous conduit au burn-out (décompensation)

Mais est-ce le stress  qui est en cause ou bien nos représentations du stress ? Est-ce le stress ou bien notre stratégie comportementale et émotionnelle qui n’est pas adaptée à la situation vécue ?

Le stress parle beaucoup plus de nous que nous le pensons…

Il confie nos habitudes émotionnelles.

Une habitude émotionnelle, c’est la réponse émotionnelle privilégiée que chacun détermine en fonction de son histoire, de sa construction, en vue de répondre à une situation stressante.

Elle peut être la source de complications pathologiques fonctionnelles et organiques telles que l’état d’angoisse (avec état de panique ; anxiété généralisée ou anxiété adaptée) l’état d’irritabilité (avec la fureur ; l’irritabilité ou l’irritabilité adaptée)

Le stress témoigne également de nos comportements bloquants, qui inhibent la mise en place d’action et, de ce fait, ils deviennent eux même des sources d’accumulation de stress perçu comme négatif.

Les comportements bloquants les plus fréquents sont :

  • Négativité obsessionnelle : rien ne fonctionne jamais
  • Perfectionnisme obsessionnel : je me dois de…
  • Analyse obsessionnelle : l’objectif est de pouvoir tout maitriser afin de se rassurer.

Le stress livre nos mythes fondateurs  (à savoir notre système de croyance) dont les modèles les plus fréquents sont :

  • Modèle du toujours : j’ai toujours fait ainsi.
  • Modèle du jamais : on a jamais ce que l’on veut
  • Modèle du après : tout se paie un jour
  • Modèle du à moins que : il faut souffrir pour que…
  • Modèle du presque : je veux bien essayer mais je n’y arriverai pas
  • Modèle du sans conclusion : je vais le faire mais…

ALORS OUI, LE STRESS EST NOTRE ALLIE :

Car il parle  nous parle de nous comme personne, en termes de représentation, de croyance, d’intelligence émotionnelle adaptative : c’est une grille de lecture de notre construction identitaire.

C’est un mécanisme normal d’adaptation à l’environnement mis en place initialement pour nous aider à survivre ; mais nous avons perturbé son équilibre en occultant les phases de récupérations, poussé par une société qui va toujours de plus en plus vite.

Rétablir l’alternance mobilisation/récupération, c’est limiter les impacts négatifs du stress.

Identifier les schémas comportementaux et émotionnels mis en œuvre dans le mécanisme du stress, c’est s’offrir la possibilité de les démobiliser en vue d’une prise de distance émotionnelle et permettre ainsi la construction d’une nouvelle image positive des conséquences possibles de nos actions.

Et si on commençait à écouter ce que notre allié a à nous dire…

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