QU’EST-CE QUE L’ANOMIE ?

coach professionnel

Notre vision du monde est déterminée par notre système de croyance, sorte de guide du comportement que nous nous infligeons quotidiennement ; et ces représentations s’appliquent à tous les niveaux de la vie, tant au niveau personnel, qu’au niveau professionnel.

Ce système peut être aidant : si j’ai suffisamment confiance en moi, je n’aurai aucune difficulté à aller demander une augmentation à mon patron, parce que j’estime que je la mérite. On parle alors d’une croyance aidante.

A l’inverse, une croyance peut être limitante, dans le sens où elle m’empêche d’évoluer ; si je me sens incompétente, je n’irai pas demander d’augmentation, même si je la mérite.

Prendre conscience de ses croyances limitantes, c’est accepter sa part de responsabilité dans sa vie, et dans le sujet qui nous intéresse aujourd’hui, dans la construction que nous faisons de NOTRE plaisir dans NOTRE travail !

L’entreprise est responsable du cadre dans lequel les relations se jouent et elle doit tout mettre en œuvre afin d’offrir les conditions optimales pour le bien-être de ses salariés (obligations légales définies par le Code du Travail auxquelles s’ajoutent les obligations morales que chaque chef d’entreprise s’impose).

Alors que le salarié, quant à lui, est responsable de ses comportements ; il est donc, en partie, l’artisan de son propre plaisir, dans le cas où l’employeur satisfait à toutes ses obligations, bien évidemment.

Mais alors, le travail idéal (dans le sens « qui me donne du plaisir ») ce serait quoi ?

Et si cela correspondait à un savant équilibre entre besoins, valeurs, aspiration et sens de chacun d’un côté, et productivité/rentabilité de l’entreprise, le tout devant résister sous les contraintes sociales permanentes ?

Il faut cependant garder à l’esprit que cet équilibre diffère d’un individu à un autre ; en fonction de sa construction identitaire et de son système de croyance.

Alors, même si l’entreprise vous aide, elle ne pourra jamais remplacer votre part de responsabilité à construire votre équilibre personnel dans le cadre qu’elle vous propose. Lorsque je parle de part de responsabilité, je parle de votre capacité à identifier vos besoins, ressources, limites et les moyens que vous mettez en place pour y répondre.

Mais… et si l’entreprise ne joue pas son rôle ?

Et si les contraintes sociales et/ou environnementales (logique de performances, innovation permanente…) déstabilisent le lien social au travail ?

Si cette « fameuse » balance n’est plus équilibrée ?

Que se passe-t-il alors ?

Et bien cela conduit à des situations graves, comme c’est le cas dans l’anomie que nous allons voir maintenant

Alors, qu’est-ce que l’anomie ?

Dans les manuscrits de La Mer Morte (écriture Essénienne contemporaine de J.C.), l’anomie est déjà présente et est associée au désordre et à la transgression de la loi divine.

La définition la plus couramment usitée, nous la devons au célèbre sociologue Durkheim.

Selon lui, l’anomie est un état de dérèglement affectant un groupe soumis à une trop brusque transformation.

Dans nos sociétés contemporaines, l’accent est mis de façon permanente sur innovation, la mobilité ; la performance est une nouvelle norme à laquelle chaque entreprise, si elle veut survivre, doit se soumettre.

Innovation veut dire évolution/changement permanent. Mais a contrario, l’individu a besoin de stabilité et il a besoin de temps pour assimiler le changement (plus ou moins long en fonction des individus).

Si vous rajoutez un encadrement managérial défaillant (fiche de poste non ou mal définie, communication mal adaptée..), le lien social évolue inexorablement vers la négative et ne joue plus son rôle structurant.

L’individu se trouve alors devant des règles conflictuelles perdant le sens de sa tâche et laissant une place quasi exclusive à l’aspect pénibilité du travail.

Les situations de travail se présentent alors sous la forme d’un dilemme permanent (on peut parler d’injonction paradoxale).

Exemple : exigence de dépassement de soi au nom de l’efficacité alors que les moyens alloués ne le permettront jamais (décalage objectif/moyen) ; autre exemple, se conformer aux règles par peur de sanctions potentielles alors que les règles ne sont pas posées.

Dans cette situation d’anomie, l’individu se retrouve dépassé, ce qui laisse place à un sentiment intense de débordement et d’impuissance : il y a alors activation du système de représentation et mise en conflit réalité réelle (impossibilité de résultats), réalité virtuelle (je peux y arriver) et réalité transmise (tu dois et tu vas y arriver) alors que mon système de réalité est un savant équilibre (encore la balance !) entre ces 3 réalités. Mon système de réalité s’écroule.

Dans un premier temps, mon système de croyance s’activera sur un mode « Je dois être parfait/je veux être reconnu/je dois être le meilleur » et dans un deuxième temps « Je ne vaux rien/je n’y arriverai jamais/je suis nul » ce qui me conduira inexorablement vers stress majeur, burn-out, passage à l’acte, suicide…

Pour conclure, je dirais que se faire plaisir a peu de chance de signifier nager dans une félicité béate.

En revanche, connaitre avec précision ce qui nous fait vibrer est un bon moyen de mettre de la vitamine mentale dans notre quotidien professionnel.

Nous avons vu à quel point nos représentations (individuelles et collectives) influencent notre vie professionnelle.

Mais nous avons vu aussi qu’il n’y a aucune irrémédiabilité : rien n’est impossible.

OSER, tout en étant éclairé sur la réalité, parfois pesante de l’entreprise.

Car parfois l’entreprise facilite la réponse, et d’autre fois, elle la complexifie comme nous l’avons vu avec l’exemple de l’anomie, mais quoi qu’il arrive, c’est vous qui donnez la réponse

Dans cet article, j’ai pris le parti de la responsabilisation individuelle et de l’autonomie (certainement une déformation professionnelle inhérente à mon métier de coach !) mais ce principe s’applique également au groupe et au groupe dirigeant car, pour sortir d’un système comme celui de l’anomie, l’ensemble de la structure est à prendre en charge, la souffrance et la perte de sens se retrouvant à tous les niveaux de l’organigramme.

Le coaching est une des voies. Mais il y en a d’autres, comme le Management par les appétences (ou comment privilégier l’Aimer Faire au Savoir Faire)….à chacun de trouver la sienne !

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